| <<chapitre
précédent >>Index
<<chapitre
suivant>>
19. Apparitions
et contacts après la mort
Traduit par Edouard Lefevre
‘Comme les Grecs anciens j’avais créé
un psychomanteum, où les gens pouvaient venir consulter
les esprits des décédés. Il était
clair qu’avec une préparation appropriée,
les gens pouvaient voir des apparitions de leurs êtres
chers…au lieu d’aller dire à un thérapeute
comment ils se sentent après la perte d’une
épouse ou d’un enfant, ils pouvaient parler
à l’être aimé directement.’
Raymond Moody
Voir une apparition – la forme d’une personne
non présente physiquement – est en accord avec
l’affirmation que nous survivons tous à la
mort physique. La preuve objective de la réalité
des apparitions est fournie par l’étude de
cas et les apparitions induites en laboratoire.
Un phénomène très commun
Les apparitions sont un thème récurrent dans
la littérature et le folklore de tous les pays et
de tous les temps. Elles ont été scientifiquement
étudiées depuis au moins 1882 et les résultats
ont constamment montré qu’elles étaient
très répandues (Currie 1978: 17 Bayless 1973:
17). La première enquête systématique
sur les apparitions fut instituée par la Société
Anglaise pour la Recherche Psychique en 1882. Le résultat
fut inclus dans Phantasms of the Living by Myers, Podmore
et Gurney. Une autre étude internationale beaucoup
plus détaillée, fut commencée en 1889.
Trente deux mille cas d’apparitions furent signalés,
17 000 en Anglais. Le rapport publié en 1894 remplit
presque tout le volume X des comptes rendus de la Société
pour la Recherche Psychique.
D’autres études de la Société
Américaine pour la Recherche Psychique et du chercheur
français Camille Flammarion qui réunit des
milliers de cas dans son livre L’Inconnu (1900) Harper
and Brothers Londres et New York et La Mort et son Mystère
(1925) trouva également que les communications après
la mort étaient des phénomènes très
largement connus.
En 1973 un sociologue de l’Université de Chicago
demanda à un échantillon de 1 467 Américains
s’ils avaient senti qu’ils avaient eu un contact
avec une personne décédée. Vingt sept
pour cent répondirent que oui (Greenley 1975). Une
enquête similaire en Islande (Haraldson et col 1976)
révéla que trente et un pour cent dirent oui.
Le Dr W. D. Rees, un médecin Britannique trouva que
sur un échantillon de veuves au Pays de Galles, quarante
sept pour cent ont eu des expériences – souvent
de manière répétée pendant des
années – qui les convainquirent de ce que leurs
époux décédés avaient été
en contact avec elles (Rees 1971 : 37-41). Une expérimentation
Britannique précédente du Dr P. Marris (1958)
avait trouvé un chiffre de cinquante pour cent.
Cette étude fut répétée au Canada
par le Dr Earl Dunn (1977: 121-122) qui trouva aussi que
cinquante pour cent de veuves et de veufs avaient des expériences
de contacts. Beaucoup d’entre ces personnes avaient
pensé qu’elles ‘devenaient folles’
et n’avaient parlé à personne auparavant
de leurs expériences de peur d’être ridiculisées.
Les enfants qui meurent entrent en contact habituellement
Plusieurs études ont montré qu’une forte
proportion de parents d’enfants décédés
peuvent s’attendre à les voir ou à les
entendre et en éprouvent une grande consolation quelques
mois après la mort de l’enfant.
Le Dr Melvin Morse, un pédiatre qui étudia
longuement la mort, déclare que le fait est si commun
qu’il est rare que quelqu’un qui perd un parent
ou un enfant n’ait pas une vision en relation avec
leur mort (Morse 1994 : 135).
Pas des hallucinations
Il y a beaucoup de raisons pour que ces apparitions ne puissent
pas être regardées comme des hallucinations,
des autosatisfactions ou les produits de l’inconscient.
1. Les témoins sont des gens normaux
Dans la plupart de ces cas la personne était dans
un état d’esprit parfaitement ordinaire, ne
souffrant pas de choc, de stress ou d’exaltation.
De même les évènements étaient
totalement inattendus et eurent lieu dans un environnement
familial. Les témoins n’étaient pas
non plus médiums ou sujets à la télépathie
– il était rare que des témoins déclarent
qu’ils avaient eu plus d’une ou deux de ces
circonstances dans leur vie (Tyrrell 1963 : 23). Dans beaucoup
de cas les témoins étaient des scientifiques
de haute crédibilité.
2. Phénomènes objectifs
Une apparition s’accompagne souvent de phénomènes
physiques tangibles tels que le mouvement ou le bris d’objets
et des sons tels que des bruits de pas qui ont été
enregistrés. On a observé des apparitions
qui projètent une ombre, qui se reflètent
dans un miroir, déplacent des meubles, laissent une
odeur, demandent qu’on les porte, bref, qui possèdent
toutes les qualités d’une entité réelle.
Dans quelques cas les apparitions laissent même derrière
elles des échantillons de leur écriture. Elizabeth
Kübler-Ross, un docteur doué, pionnière
de l’étude de la mort, déclare qu’une
de ses anciennes patientes lui est apparue quand elle songeait
à mettre un terme à son travail. La femme,
Madame Schwartz, prit un ascenseur avec elle et l’accompagna
à son bureau où elle lui dit de ne pas arrêter
son travail sur la mort. Kübler-Ross pensa à
une hallucination car la femme, Madame Schwartz, était
morte dix mois auparavant. Mais quand elle lui demanda d’écrire
la date et de signer un papier la femme le fit avant de
disparaître (Kübler-Ross 1997 : 178).
3. Vues par plus d’une personne
Beaucoup des cas enregistrés ont été
vus par plus d’une personne. Par exemple dans un cas
étudié par la Société pour la
Recherche Psychique, neuf personnes résidant dans
une maison de Ramsburry, Angleterre virent l’apparition
d’un homme qui était mort dix mois avant, à
la fois individuellement et en groupe, entre Février
et Avril. Il fut observé invariablement au côté
de sa femme mourante avec sa main placée sur son
front et était visible jusqu’à une demie
heure en une fois (Holzer 1965 : 52-56).
Le Professeur Hart dans son livre L’Enigme de la Survie
(1959) déclare qu’entre un tiers à deux
tiers des apparitions sont vues par plus d’une personne,
et sont vues différemment par chaque personne selon
les règles de la perspective.
4. Transmettant une information inconnue de l’observateur
Dans beaucoup de cas la personne qui apparaît transmet
à l’observateur une information sur sa mort,
l’endroit où elle a été inhumée
ou d’autres informations inconnues de l’observateur.
Dans un cas fameux accepté par la Cour Américaine
– le cas Chaffin Will – un père qui était
mort apparut et parla à l’un de ses fils et
lui donna des détails sur l’endroit où
trouver son testament.
Dans quelques cas une personne apparaît dans le but
précis de sauver un être aimé d’un
danger. Ceci arriva à Elaine Worrell qui vivait avec
son mari Hal à l’étage supérieur
d’une habitation à Oskaloosa, dans l’Iowa.
Un jour elle vit un jeune homme dans son entrée qui
la conduisit en bas dans l’appartement d’une
jeune veuve qu’elle connaissait à peine. Elle
trouva la jeune femme effondrée sur un lit après
s’être coupé son poignet. Après
sa guérison la jeune femme lui montra une photo de
son mari décédé ; Elaine le reconnut
immédiatement comme étant le jeune homme qui
l’avait conduite en bas dans l’appartement (Holzer
1963 : 138-141).
Apparitions au moment de la mort
Un grand nombre d’apparitions concernent une personne
qui est morte récemment apparaissant à un
ou plus d’un être cher pour leur annoncer sa
mort. Dans beaucoup de ces cas la mort était inattendue
et était confirmée plus tard être survenue
immédiatement avant l’apparition.
Plusieurs exemples documentés et confirmés
venant d’études variées incluent:
.le cas du second lieutenant Leslie Poynter tué au
combat. A 21 heures le soir de sa mort il apparut à
sa sœur en Angleterre, entra dans sa chambre, se pencha
et l’embrassa puis, souriant gaiement, s’effaça
de sa vue. Ce ne fut que deux semaines plus tard que la
famille reçut un télégramme l’informant
de sa mort le jour de l’apparition (McKenzie 1971
: 116-117)
- le cas de Madame Pacquet dont le frère Edmund lui
apparut six heures après sa noyade dans la mer montrant
comment il avait été pris par les jambes par
un cordage et entraîné par-dessus bord (cité
dans Rogo 1974 : 16-17).
- le cas de Madame Gladys Watson qui fut réveillée
d’un profond sommeil par quelqu’un l’appelant
par son nom. En se réveillant elle vit son grand
père paternel qui lui dit ‘ Ne sois pas effrayée
c’est seulement moi. Je viens de mourir’. Quand
elle réveilla son mari il refusa de la croire et
téléphona à la maison familiale et
ce fut pour apprendre que le grand père était
mort quelques minutes avant de manière inattendue
(Spraggett 1975 : 45-46).
Morts convenues
Selon Bennett (1939) environ un cas sur vingt des archives
de la Société pour la Recherche Psychique
concerne une ‘mort convenue’ où deux
personnes se promettent que celle qui meurt en premier fera
tout son possible pour apparaître à l’autre.
On a la preuve qu’un grand nombre de ces conventions
ont été satisfaites incluant :
- le cas de Lord Brougham, un pair Anglais, qui voyageait
en Suède. Il vit soudain une apparition d’un
ami de l’université qu’il n’avait
pas vu ni n’avait pensé à lui depuis
des années. Plus tard il reçut une lettre
confirmant que son ami était mort en Inde au moment
exact de l’apparition. Lorsqu’ils étaient
à l’université les deux avaient souvent
spéculé sur la question de la survie et avaient
pris un engagement écrit avec leur sang selon lequel
le premier des deux qui mourrait le premier apparaîtrait
à l’autre (Cité dans Johnson 1971 :
198-199).
- Madame Arthur Bellamy de Bristol qui passa un accord similaire
avec une amie d’école qu’elle n’avait
pas vue depuis des années. Une nuit après
la mort de son amie une dame fut vue par Monsieur Bellamy
assise sur le lit à côté de sa femme
endormie. Il l’identifia plus tard grâce à
une photographie comme étant la même amie (Bennett
1939 : 131-132).
Apparitions induites en laboratoire
Le Dr Raymond Moody, qui devint célèbre pour
ses études pionnières sur les expériences
de mort imminente, travailla sur des manières d’induire
des apparitions facilitées en milieu contrôlé.
Il prit modèle sur les anciens Grecs qui présageaient
que lorsque les gens souhaitaient un contact avec un être
cher ils consultaient un ‘oracle’ d’un
psychomanteum.
Un psychomanteum est un laboratoire construit spécialement
avec des miroirs pour faciliter le processus psychique.
Une partie du processus psychique dont il est question comprend
l’envoi de messages télépathiques, de
vibrations, au destinataire sélectionné dans
l’après-vie.
Moody a reconstruit le processus avec d’étonnants
résultats – 85% de ses clients qui suivent
toute une journée de préparation ont effectivement
un contact avec l’être cher décédé
– mais pas nécessairement avec celui qu’ils
s’attendaient à rencontrer. Dans la plupart
des cas cela se passe dans son psychomanteum spécialement
construit mais dans 25% des cas cela arrive plus tard chez
les personnes – souvent le client s’éveille
et voit l’apparition au pied de son lit (Moody 1993
: 97).
Le phénomène du psychomanteum en est encore
à ses débuts mais se répand régulièrement
aux Etats-Unis. Les gens sont entraînés pour
devenir facilitateurs de psychomanteum. L’un des aspects
les plus passionnant de ceci est l’opportunité
de continuer à consolider les résultats. Selon
Dianne Arcangel, une associée du Dr Moody, dans quelques
cas lorsque le contact est établi la personne venue
chercher le contact reçoit des informations qu’elle
ne connaissait pas avant (Arcangel 1997). Le potentiel est
énorme et le processus est affiné continuellement.
Tous les clients de Moody insistent sur le fait que ce contact
n’est pas une hallucination – il y a une communication
claire dans les deux sens, dans quelques cas des sensations
de toucher physique. Moody lui-même exprime son étonnement
de ce que :
Il devint clair que les réunions de visions étaient
vécues comme des évènements réels,
pas des fantaisies ou des rêves. Jusqu’à
présent tous les sujets ont affirmé que la
personne rencontrée était tout à fait
réelle et qu’ils avaient été
en fait en présence d’être aimés
vivants perdus pour la mort (Moody 1993 : 97).
Il note aussi que tout indique que la personne est témoin
d’un évènement paranormal qui, comme
l’Expérience de Mort Imminente, change le jugement
du sujet sur la vie et le conduit à devenir plus
‘gentil, plus compréhensif et ayant moins peur
de la mort’ (Moody 1993 : 98).
Moody donne toutes les instructions pour construire votre
propre psychomanteum dans son livre Visionary Encounters
with Departed Loved Ones (Rencontres Visuelles avec les
Etres Chers Décédés) (1993 Ballantine
Books New York par Raymond Moody avec Paul Perry).
Communication post mortem induite
Allan Botkin, un psychologue clinicien, a créé
un nouveau type de thérapie basé sur la désensibilisation
et la remise en ordre mentale par les mouvements oculaires
(EMDR) de vétérans du Vietnam désespérés.
Dans 98% des cas il trouva qu’il pouvait créer
des conditions permettant à ses clients de sentir
qu’ils étaient en train de rencontrer quelqu’un,
un camarade, qui était mort.
Initialement Botkin pensa que ces expériences étaient
des hallucinations, jusqu’à ce qu’il
découvre que le psychologue observateur pouvait ‘se
mettre à l’écoute’ et voir l’autre
(Botkin 2005, p91). Bien que nous en soyons encore au début,
le processus peut être répété,
enseigné et il promet d’être une nouvelle
avenue prometteuse pour la recherche, de même qu’un
bénéfice immédiat pour ceux qui ont
perdu un être cher et sont submergés par le
chagrin ou la culpabilité.
<<chapitre
précédent >>Index
<<chapitre
suivant>>
|