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21. Planche Oui-ja
Traduit par Edouard Lefevre
‘La frontière entre les mondes des vivants
et des morts apparaît être une sorte de jungle
psychique ou un ‘territoire hors la loi’, envahi
par des personnalités vicieuses et psychopathes.
S’ils peuvent trouver une victime et s’y coller,
leurs natures destructrices peuvent opérer avec encore
moins de retenue que lorsqu’ils occupaient un corps’
Ian Currie
La planche oui-ja est une des méthodes les plus utilisées
dans la communication spirite amateur. Le nom vient des
mots oui en Français et en Allemand, oui et ja. Elle
consiste en un tableau plat sur lequel sont inscrites les
lettres de l’alphabet, quelques nombres, des marques
de ponctuation et oui et non. Les gens qui l’utilisent
placent leurs doigts légèrement sur une planchette
pointue qui rapidement et sans la conscience des membres
présents, bouge pour épeler une série
de messages. Les ventes de planches oui-ja aux Etats-Unis
atteignirent un sommet durant la première guerre
mondiale, et elles firent fureur dans les années
trente, quarante et soixante car le ‘Mystérieux
Oracle Parlant’ était très fréquemment
utilisé par les étudiants (Hunt 1985 : 5).
On parle ici de la planche oui-ja parce que c’est
souvent la première méthode utilisée
par les amateurs pour essayer d’étudier le
phénomène psychique. Elle est scientifique
dans le sens où les gens qui suivent la formule vont
obtenir un résultat cohérent. Quelques uns
vont recevoir des messages intelligents. Intelligents dans
le sens où des réponses sont données
à des questions spécifiques. La qualité
des réponses dépend évidemment de qui
ou quoi répond.
Les médiums psychiques et expérimentés
croient en la réalité du contact avec l’esprit.
Les réponses à la planche oui-ja sont faites
quelquefois par des entités humaines et non humaines
de différents niveaux de raffinement mais la plupart
du temps par des entités qui opèrent près
de notre ‘longueur d’onde’. Si le contact
a lieu avec une entité raffinée, la réponse
sera habituellement sophistiquée. Si le contact est
fait avec une entité grossière, placée
très bas, alors l’information est usuellement
la même que celle venant d’une personne sur
terre grossière, vulgaire, stupide, arrogante et
blasphématoire désirant choquer ceux qui l’entourent.
L’investigateur psychique Archie Roy compare l’usage
d’une planche oui-ja à prendre des étrangers
dans un bar et les inviter chez soi (1996 : 176).
L’interprétation matérialiste est que
les messages viennent de l’action du subconscient
ou de l’inconscient des ‘joueurs’ –
une forme d’automatisme. Pendant des années
la planche oui-ja s’est vendue dans des magasins de
jouets aux Etats-Unis et les gens ont eu tendance à
l’utiliser pour se distraire ou pour obtenir un avantage
personnel comme essayer de trouver les chiffres gagnants
d’une loterie etc.
Mais aucun sceptique n’a réussi à expliquer
comment des groupes de gens décents et normaux ont
suscité d’horribles blasphèmes, jurons
et toutes sortes de menaces terrifiantes alors qu’ils
ne viennent certainement pas par les autres méthodes
qui sont supposées projeter le subconscient.
Stoker Hunt, qui rechercha les conséquences de l’usage
de la planchette oui-ja, résume un schéma
commun de communication qui se développe entre les
utilisateurs de planchette oui-ja et la ‘force’
avec laquelle ils communiquent :
L’envahisseur vise les faiblesses du caractère
de la victime… Si quelqu’un est vain, des appels
à la vanité sont faits. ‘J’ai
besoin de votre aide,’ le séducteur va dire,
‘et vous seul pouvez m’aider ‘…L’entité
est malicieuse et n’hésite pas à mentir,
se présenter sous une fausse identité (habituellement
un être cher décédé) et flatter.
C’est mieux pour l’envahisseur, naturellement,
si la victime est seule, isolée, fatiguée
et malade (Hunt 1985 : 86).
Donc, l’entité va encourager ses victimes à
laisser tomber de vrais amis et à faire confiance
à la planchette oui-ja pour un conseil, un avis et
une compagnie. A cette fin il va recommander des exercices
dangereux et des aventures sauvages et décourager
les activités salutaires et les soins médicaux
appropriés. La victime va ressentir un désir
incontrôlable d’utiliser la planche ou l’écriture
automatique à toute heure du jour ou de la nuit.
Si nécessaire l’envahisseur va terrifier sa
victime, se matérialisant en une forme horrible,
induisant des visions grotesques, suscitant des poltergeists,
causant l’apparition d’objets, délivrant
des nouvelles fausses ou tragiques, soulevant des objets,
soulevant peut être la victime. Tout ceci et plus
peut avoir lieu, pas comme une fin en soi mais comme un
moyen d’arriver à une éventuelle possession
totale (Hunt 1985 :
Les médiums du monde entier rapportent régulièrement
que ceux qui sont morts et vivent dans les régions
des plus basses vibrations, les plus proches de la terre
– parfois appelées les régions du bas
astral – sont très jaloux de ceux qui vivent
sur terre; ils savent que vivant sur terre une personne
peut accélérer ses vibrations et qu’il
est très difficile de le faire dans les plus basses
sphères du monde spirituel.
Le désespoir est poussé à l’extrême
simplement parce qu’ils ne peuvent pas profiter des
choses dont ils avaient l’habitude de jouir étant
vivants – excitation, alcool, tabac, sexe. Si ces
grossiers qui répondent à la planche oui-ja
avaient la capacité d’aimer, ou d’avoir
une pensée affectueuse, ou avaient quelque autre
attribut spirituel positif, ils ne seraient pas dans la
situation qui est la leur. S’ils avaient même
la capacité de demander de l’aide pour soulager
leur misère l’après-vie nous informe
que de l’aide leur serait donnée.
Beaucoup d’expérimentateurs du PVE (Phénomène
des Voix Expérimentales) (voir chapitre 4) ont enregistré
des voix venant de ce niveau qui racontent des obscénités,
émettent un souffle sinistre parfois sur un ton clairement
hostile (Lazarus 1993 : 158).
Quelle que soit l’explication que vous acceptez –
l’hypothèse spirituelle ou la théorie
du subconscient des joueurs – il y a beaucoup de cas
de maladies psychiatriques sérieuses résultant
directement du jeu de la planche.
Une planche oui-ja peut être hautement dangereuse
pour quiconque est hautement influençable, quiconque
a un type de personnalité émotionnelle ou
désordonnée ou quiconque a fait usage de drogues
altérant l’esprit. Les experts conseillent
qu’en aucun cas elle ne devrait être utilisée
par un enfant ou par quiconque n’a pas un sens fort
de sa propre identité (Covina 1979).
Le Dr Carl Wickland, psychiatre, écrivit son ouvrage
classique sur la maladie mentale Thirty Years Among the
Dead (Trente ans parmi les morts) en 1924. Il met en garde:
Le problème sérieux d’aliénation
et de dérangement mental accompagnant des expérimentations
psychiques fut porté à mon attention d’abord
par les cas de plusieurs personnes dont les apparentes expériences
inoffensives avec l’écriture automatique et
la planche oui-ja menèrent à de telles aliénations
mentales que l’enfermement en asile était nécessaire...
Beaucoup d’autres résultats désastreux
qui suivirent l’usage prétendument innocent
de la planche oui-ja vinrent à ma connaissance et
mes observations me conduisirent à la recherche dans
le domaine du phénomène psychique d’une
possible explication de ces étranges évènements
(Wickland 1924 : 29).
Wickland trouva qu’il pouvait guérir beaucoup
de ces cas malsains en utilisant un médium en transe
(sa femme) pour incorporer l’esprit qui obsédait
le patient. Il trouva que beaucoup de ces entités
n’étaient pas informées qu’elles
étaient mortes. Sans aucune connaissance de l’après-vie
elles se trouvaient dans une sorte de crépuscule.
Avec l’aide d’intelligences supérieures
de l’autre côté il était capable
de les persuader de quitter l’aura du patient que
sa lumière avait attiré.
Hugh Lyn Cayce, le fils du célèbre psychique
américain Edgar Cayce, a également beaucoup
de cas d’expériences négatives avec
la planche oui-ja. Dans son livre Venture Inward (S’Aventurer
au-dedans) (1964) au chapitre sur l’écriture
automatique et la planche oui-ja, il établit que
les histoires de gens éprouvant des difficultés
extrêmes après l’usage de ces deux pratiques
sont :
Communes, malheureusement. Ce qui est effrayant à
leur sujet est qu’elles peuvent être multipliées
par milliers et amener à l’internement dans
des institutions mentales dans le monde entier (Cayce 1964).
Paul Beard, Président du Collège d’Etudes
Psychiques en Angleterre, étudia beaucoup de cas
d’obsession suite à l’utilisation de
la planche oui-ja et conclut que l’usage courant de
la planche ou de l’écriture automatique peut
amener un contact prolongé avec une personne morte
malintentionnée qui peut infiltrer l’aura protectrice
de la victime et ensuite entrer en contact avec elle à
tout moment en ‘parlant’ ou à travers
les ‘pensées’ de la victime. Ceci peut
mener dans la pratique à de continuelles suggestions
malfaisantes pouvant comprendre des hallucinations (Beard
1970). Ian Currie cite un cas où une jeune mère
avait des hallucinations la montrant en train de torturer
et de tuer son bébé (Curie 1978: 190).
Martin Ebon décrit ses expériences négatives
avec la planche oui-ja dans The Satan Trap (Le Piège
de Satan) (1975). Il déclare qu’il commença
par être très sceptique envers tout ce qui
a trait à l’occulte mais qu’il devint
mordu de la planche quand il prédit avec précision
l’inondation de New York de 1973 et qu’elle
lui donna une information précise ‘interne’
au sujet de la mort d’un fameux journaliste.
Une autre femme qui mettait en garde contre la planche fut
le médium Susy Smith dans son livre de 1971 Confessions
of a Psychic (Confessions d’une Psychique). Elle écrivit
:
Tenez les gens à l’écart du oui-ja et
de l’écriture automatique jusqu’à
ce qu’ils soient informés de la manière
de se protéger pleinement. Ils disent que les efforts
innocents pour entrer en communication sont aussi dangereux
que de jouer avec des allumettes ou des grenades. Je suis
l’exemple typique de ce qu’il ne faut pas faire,
car j’ai subi beaucoup des pires problèmes
de tels engagements. Si j’avais été
avertie par mes lectures que de tels efforts pouvaient me
conduire à des désordres mentaux, j’aurais
pu être plus prudente (Smith 1971).
Il y a quelques années j’ai eu à connaître
un cas sérieux d’un jeune homme qui avait utilisé
une planche oui-ja, demandant les numéros gagnants
d’une loterie. Pendant quelque temps il avait effectivement
gagné et il devint très encouragé par
l’information donnée par ses nouveaux ’amis’.
Mais quand il essaya d’arrêter de se servir
de la planche il commença à être obsédé
par des voix et fut réveillé à une
ou deux heures du matin dans un état de grande terreur,
étant à proprement parler écrasé
et suffocant sous l’influence d’une présence
se vengeant, disant qu’il avait une dette.
Quelques communications positives
Mais alors que les psychiques expérimentés
mettent en garde contre les dangers de la planche oui-ja
et mettent l’accent sur le fait que beaucoup de communicateurs
oui-ja ne sont pas du tout ce qu’ils déclarent
être, il y a eu beaucoup de communications positives
sur le long terme qui commencèrent par ce système.
Un cas spectaculaire de communication positive fut celui
de Pearl Curran qui essaya une planche oui-ja avec son voisin
le 12 Juillet 1912. Après un an d’expérimentation
elle commença à recevoir des messages de Patience
Worth, qui déclara être une entité spirituelle
née en 1649 près de Dorset en Angleterre.
Entre 1912 et 1919 elle dicta par la planche cinq millions
de mots – épigrammes, poèmes, allégories,
courtes histoires et nouvelles complètes. Son travail
rassemblé emplit vingt neuf volumes reliés,
4375 pages à simple espace. Il y a eu cinq nouvelles
complètes, la plus réussie étant The
Sorry Tale (La Nouvelle Confuse) une histoire de 300 000
mots du début de la vie de Jésus qui fut rapportée
comme suit dans The New York Times du 8 Juillet 1917 :
Ce long récit complexe de la vie juive et romaine
au temps du Christ est construit avec précision d’une
main de maître. C’est un formidable, beau et
noble livre.
Patience Worth écrivit aussi plus de 2 500 poèmes.
Elle gagna un concours national de poésie auquel
quarante mille candidats soumirent plusieurs textes. Elle
fut régulièrement publiée dans la plus
prestigieuse anthologie annuelle de poésie Américaine.
Un de ses plus grands admirateurs fut l’éditeur
William Reedy qui était du jury du premier prix Pulitzer
pour la poésie. Il était un visiteur habituel
de la maison de Pearl et dit de ses poèmes :
Ils contiennent des passages d’une beauté envoûtante,
d’une rare hauteur spirituelle, d’un pathos.
Ils n’égalent pas Shakespeare ou Spencer. Ce
n’est pas aussi grand que Chaucer. Mais s’il
existe quelque intelligence qui communique des poèmes
par la planche oui-ja ou autre....c’est de la bonne
poésie, de la meilleure poésie que ce qu’on
trouve dans nos magazines habituellement – une poésie
avec une qualité particulière (Hunt 1985 :
31).
Les livres de Seth
Une autre fameuse relation littéraire qui commença
avec la communication oui-ja fut celle entre Seth et Jane
Roberts et son mari qui débuta en utilisant une planche
oui-ja en 1963. A leur quatrième tentative une entité
se présenta comme étant ‘Frank Withers’
qui dit qu’il avait vécu très récemment
sur terre comme professeur Anglais et qu’il était
mort en 1942. Plus tard il expliqua qu’il préférait
être appelé ‘Seth’ et qu’il
avait une mission spéciale à remplir, aider
les gens à mieux se comprendre et à mieux
comprendre la réalité.
A travers Jane, Seth dicta plusieurs livres best sellers
qui traitèrent de la réalité de la
nature, de la réincarnation, des rêves, du
voyage astral et de la nature de Dieu. Pas à pas
il a donné des conseils à ses lecteurs sur
le développement des techniques de méditation
et de PSE (Perception Extra Sensorielle). Il a diagnostiqué
des maladies, décrit correctement le contenu de bâtiments
et de pièces situées à de grandes distances
et s’est matérialisé, apparaissant en
pleine lumière (voir Roberts 1974, 1994, 1997a 1997b).
Il y a beaucoup d’autres histoires de succès
littéraires et de relations créatrices qui
se sont développés en usant de la planche
oui-ja incluant celle de James Merrill, un lauréat
du Prix Pulitzer, qui écrivit The Changing Light
at Sandover (La Lumière Changeante de Sandover) (1982)
travaillant avec une planche oui-ja.
Ses expériences effrayantes (visions, corps en transformation,
ressenti de présences puissantes) aussi bien que
celles qui furent positives et joyeuses sont rapportées
de façon vivante dans le poème. Cependant
après plus de trente ans d’expérience
avec la planche oui-ja Merrill déclare qu’il
ne recommande plus son usage à ses amis car :
On ne peut jamais dire par avance comment va réagir
une personne.
Forte preuve de l’après-vie
Ce que je trouve personnellement prodigieux à propos
de la littérature sur la planche oui-ja est l’ampleur
de sa cohérence avec les découvertes des chercheurs
qui ont travaillé avec les meilleurs médiums,
dans le phénomène des voix électroniques
et dans les autres domaines de la recherche scientifique
mentionnés dans ce livre. Il est simplement impossible
d’expliquer les sortes remarquablement différentes
de communications qu’on reçoit quand des entités
de différents niveaux communiquent - souvent en rapide
succession – purement sur la base de la projection
de l’inconscient d’un individu ou d’un
groupe.
De même il y a eu un certain nombre de cas saisissants
de visites de communicateurs venus par la planche. Ce sont
des entités qui, bien que totalement inconnues de
leurs expérimentateurs donnent des détails
corrects et vérifiables de leurs nom, adresse, activité
et parfois d’autres détails nombreux. Le Dr
Alan Gauld étudia 37 de ceux-ci qui étaient
apparus parmi 240 présumés communicateurs
dans un cercle de oui-ja qui se réunissait dans une
maison du Cambridgeshire entre 1937 et 1954 (Gauld 1966
-72 : 273-340).
Dans son article pour la Société pour la Recherche
Psychique il explique comment il suivit les détails
de quelques uns de ceux ci plus de trente ans après
la réalisation de la communication originale et comment
il avait pu vérifier un nombre significatif de détails
dans au moins quatre cas. Dans le cas de Gustave Adolf Biedermann,
Gauld fut en mesure de vérifier la personnalité
du communicateur et l’information particulière
suivante :
J’ai vécu à Londres.
Ma maison était Charnwood Lodge.
Nationalité: Allemand.
Nom correct Adolf Biedermann.
J’étais toujours été connu et
appelé sous le nom de Gustav
J’étais un rationaliste
J’avais dépassé soixante dix ans quand
je suis mort
J’avais mon activité propre
Je suis associé avec l’Université de
Londres
Je suis mort il y a plus d’un an
Dans ces cas, précise Gauld, les assistants ne recherchaient
pas la publicité ou l’argent et il était
convaincu qu’il n’y avait pas moyen d’accéder
aux documents publics qu’il aurait fallu obtenir d’un
grand nombre de sources, qui auraient été
nécessaires pour tromper les autres membres du cercle
et les laisser ensuite plus de vingt ans attendre la chance
que quelqu’un s’intéresse à leur
étude.
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